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L'héparine en injections sous-cutanées est le moyen de choix pour prévenir mais aussi pour dissoudre les thromboses

Si vous avez fait une thrombose, voire une embolie ou que vous voulez faire un bébé tout en étant positive à la mutation du facteur V de Leyden, il y a de fortes chances que vous deviez vous piquer à l'héparine et cela vaut bien quelques informations.

Le produit : Lovenox®/Clexane® /Fraxiparine®

Il s'agit de seringues pré-remplies d'héparine de bas poids moléculaire indiquée dans la prévention et le traitement de la thrombose veineuse profonde avec ou sans embolie pulmonaire.

Comment l'héparine fonctionne-t'elle ?

Les caillots sanguins peuvent mener à l'embolie pulmonaire, l'héparine est utilisée pour prévenir et traiter ces caillots en inactivant la thrombine qui s'active durant le processus de coagulation. La fonction des piqures d'héparine est donc double, prévenir une coagulation (par exemple lors de la mise en place d'un traitement par AVK en attendant d'être dosé correctement), puis le traitement des caillots existants. L'héparine n'a aucune incidence sur l'INR mesuré par prise de sang, par compte selon les laboratoires Roche, elle fausse le résultat des tests INR capillaires avec le Coaguchek. Il est donc dangereux de se fier à un résultat INR obtenu par test capillaire si vous êtes sous héparine !
Durant le traitement par héparine, il est recommandé de procéder régulièrement à des tests sanguins pour vérifier les plaquettes sanguines.
Les contre-indications sont nombreuses et indiquées sur les informations jointes au médicament. Lisez-les attentivement pour le cas où l'une d'entre elles vous toucherait et le cas échéant recontactez votre médecin rapidement.
Attention : il est tout à fait possible d'être ou de devenir allergique à l'héparine, des personnes rapportent avoir développé des plaques rouges et des démangeaisons suite à une injection, voire après une certaine période, parfois quelques semaines.

Il y a des effets secondaires assez courants qui peuvent être évités :

  • saignements du nez (surtout lorsque l'on combine avec des AVK pendant un temps, j'y ai eu droit, c'est surprenant car brutal et du genre ouverture des vannes mais pas bien grave, évitez juste de mettre la tête en arrière, prenez un mouchoir et appuyez sur la narine qui saigne en penchant la tête en avant. Prévenez votre médecin de ces saignements) ;
  • douleur au lieu d'injection et irritation ainsi qu'hématome (c'est du surtout à une mauvaise technique d'injection, malheureusement pas toujours maitrisée par les infirmières) ;
  • nécrose au site d'injection : pas de panique, même s'il y avait vraiment nécrose, ce qui est rare, cela se traite. Une tache rouge de la taille d'une pièce de 1 cent autour de la piqure est normale et n'est pas une nécrose (voyez l'album photo) ;
  • perte de cheveux (rien à faire sauf à prendre des préparations vitaminiques spécifiques aux cheveux pour enrayer un peu) ;
  • on entend souvent parler d'ostéoporose en combinaison avec l'héparine utilisée à long-terme, mais il est difficile d'obtenir des informations précises, les doutes vont dans les deux sens et selon le laboratoire fabriquant le Clexane/Lovenox cela reste "possible" ;
  • attention, comme pour les AVK, il y a des médicaments (même en vente libre) et des médecines naturelles à base de plantes qui renforcent ou inhibent l'action de l'héparine. Il est donc interdit de prendre quoi que ce soit sans avoir soigneusement vérifié avec votre médecin ou pharmacien. Pour vous aider, une liste non-exhaustive ci-après: médicaments qui empêchent l'aggrégation plaquettaire (aspirine, dipyridamole, clopidogrel), fibrinolytiques (streptokinase, alteplase), anti-inflammatoires (ibuprofene, diclofenac, naproxene, apranax), anticoagulants oraux (warfarine, nicoumalone, phenindione, coumarine...).

Technique d'injection

Ce n'est que très tard qu'une infirmière en cardiologie m'a expliqué comment me piquer correctement après avoir vu mon abdomen massacré par une seule piqure de l'infirmière des urgences. Celle-ci m'a laissé un hématome gros comme un oeuf de poule (en trois dimensions) qui m'a accompagné deux mois durant, plus moyen de se coucher sur le ventre et douleur permanente en prime avec la couleur. La même chose m'est arrivée lors de mon premier passage aux urgences, nous commencerons donc par les choses à ne pas faire - même si vous êtes infirmière :

  • ne videz jamais la bulle d'air qui se trouve bien visible dans la seringue, elle a sa raison d'être ;
  • n'oubliez pas de désinfecter l'endroit a piquer ;
  • n'y allez pas comme une brute, à fond ;
  • ne videz jamais la seringue en 5 secondes chrono ;
  • ne piquez pas une largeur de main tour autour du nombril ni en-dessous.

Comment se servir des fléchettes

L'idée de vous piquer vous-même peut sembler difficile au début et il est normal que l'on ait une sorte de frein naturel à l'idée de se coller une aiguille dans le ventre une à deux fois par jour. Prenez le avec humour et philosophie, ce n'est pas si terrible, on s'y fait et avec le temps on développe des stratégies pour améliorer  l'état de la cible. Après une bonne centaine de fléchettes sur un an, j'ai trouvé comment m'y prendre en évitant au maximum les hématomes (on appelle cela l'expérience). Alors avant de vous transformer en cible vivante, lisez et j'espère que mes petits conseils vous aideront.

  • les seringues sont à garder à température ambiante. Si celle-ci est au-dessus de 25° C vous pouvez les garder au réfrigérateur, mais sortez celle que vous allez utiliser à l'avance, ne vous piquez pas avec une seringue froide ;
  • n'oubliez pas de vous laver les mains ;
  • c'est plus simple de vous piquer en position semi-allongée ;
  • mon truc : "geler" l'endroit que vous allez piquer avec un pack de glace du genre de ceux que l'on trouve dans le commerce pour mettre sur les blessures des sportifs. Il s'agit d'un emballage hermétique dans lequel se trouve un gel et que vous conserverez au congélateur. Avantages :vous ne sentirez pas la piqure même si vous y allez doucement et vous éviterez les bleus ;
  • choisissez le bon endroit, imaginez une bande de la largeur de votre main de chaque côté de votre nombril (il en a 4...), vous ne piquerez pas à l'intérieur de cette bande. Il vous reste une bonne surface de chaque côté, à peu près de la taille de votre main sachant que l'on pique là où il y a du lard... Vous changerez de côté à chaque nouvelle injection. Selon une infirmière, il est possible de vous piquer dans le gras de la cuisse, mais il parait que c'est plus douloureux ;
  • désinfectez l'endroit que vous allez piquer avec le désinfectant prescrit par le médecin ou de l'alcool à 70°, laissez agir un peu avant de piquer sans essuyer. Il faut savoir que l'héparine s'injectant dans les graisses sous-cutanées, une infection s'y développera plus facilement du fait du manque de circulation sanguine ;
  • prenez votre seringue et vérifiez où se trouve la bulle d'air, elle doit être au fond de la seringue, contre le poussoir. Si elle ne l'est pas, remettez la à sa place en tapotant sur la seringue, aiguille en bas. La bulle est très importante, elle sert à chasser le contenu de la seringue qui reste dans l'aiguille. Si vous purgez la seringue, vous n'aurez pas la bonne dose d'héparine !
  • enlevez le bouchon qui protège l'aiguille ;
  • pincez votre peau et le tissus sous-cutané, visez un endroit où vous ne voyez pas de veinule, placez l'aiguille à la verticale de votre peau ou au plus à 45° et appuyez doucement, vous sentirez une résistance à un moment, puis cela va rentrer tout seul. Y aller d'un coup, à la façon des infirmières a une seule conséquence, vous vous retrouverez avec un bleu, c'est garanti. Les femmes qui se piquent durant leurs grossesses ont constaté la même chose. Une fois l'aiguille bien rentrée jusqu'au bout, retirez là un tout petit peu, cela évite le blocage du poussoir ;
  • n'appuyez pas d'un coup (chères infirmières, prenez note), allez-y dou-ce-ment pour vider la seringue, cela doit vous prendre une à deux minutes. Cela peut sembler énorme, mais c'est la meilleure façon d'éviter les brûlures dues au produit et des bleus inutiles ;
  • poussez jusqu'à ce le piston appuie sur le fond de la seringue, la petite bulle d'air va chasser le reste de produit qui se trouve dans l'aiguille, vous ne risquez rien. Enlevez l'aiguille en douceur. S'il y a un petit saignement, vous pouvez appuyer quelques minutes sur le site d'injection avec votre coton de désinfectant. Ce n'est pas plus mal de rester allongé quelques minutes, non pas que vous risquiez un malaise, mais j'ai remarqué que la tendance à bleuir diminue ;
  • replacez immédiatement le bouchon sur la seringue pour éviter que quelqu'un ne s'y blesse, mettez la dans le container prévu à cet effet qu'on a du vous remettre, sinon utilisez une boite plastique fermée ou un pot avec un couvercle. Ne jetez pas les seringues dans la poubelle, donnez les comme les médicaments que vous n'utiliserez plus à la pharmacie.

Enfin, n'oubliez pas qu'il est très important de se piquer à heure fixe, selon les prescriptions se sera toutes les 12 ou 24 heures, c'est selon.

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