Un nouveau tournant

Comme vous le savez entretemps, je déverse ici mes pensées les plus diverses afin d’abord de m’en débarrasser (ce qui se révèle un intense soulagement), puis de vous donner une idée de ce que ressent une personne pour laquelle il n’est plus possible de vivre « comme tout le monde ». Votre normalité, votre rapport avec ce qui vous entoure, vos décisions concernant les vacances, le sport, la nourriture sont totalement différents de la façon dont je dois concevoir la vie et j’avoue en souffrir. Je sais que de nombreuses personnes qui me connaissent ont de la peine pour moi, mais ce n’est pas ce que je demande. Offrez moi plutôt de la compréhension et de l’acceptation, car malgré mes déboires je reste un être humain en quête d’une vie meilleure.

J’ai pris quelques décisions cette semaine et je verrai bien où elles me mèneront. Cela ne fut pas facile, mais j’en ai tellement assez – la coupe est pleine à ras – qu’il était plus que temps. J’ai un genou fichu depuis fort longtemps (accident de sport du genre idiot), qui jusqu’ici me faisait souffrir en hiver par temps humide, rien d’anormal. Hors il fait beau depuis des semaines, très beau même, sec, ensoleillé, un temps de juin, mon jardin est un paradis fleuri et… l’arthrose me tue littéralement, impossible de marcher sans canne. Alors d’accord, je me suis offert une canne rose garnie de papillons jaunes, très discrète, mais il y a mieux comme accessoire de mode. Je suis déjà interdite de talons sous peine de douleurs insupportables et de chaussures un peu ouvertes à cause des bas (de contention, ndla), si je dois en plus me la jouer handicapée en permanence au lieu de restreindre cela aux mois d’hiver, je vais craquer. Impossible de me remettre au sport de surcroit, je ne fais pas 100 mètres sans ma compagne en alu. Pas de sport, pas de perte de poids supplémentaire, je trépigne sur place.

Bon, je ne veux pas vous pleurer dans les oreilles, mais cela ne va pas du tout. Évidemment un problème n’arrivant jamais seul, j’ai reperdu en masse les cheveux péniblement regagnés sur les anticoagulants. Au début j’ai cru que c’était le printemps mais je me suis mise à réfléchir (oui, cela m’arrive aussi) et je suis tombée sur un pot-aux-roses pas rose du tout. Vous le savez, je ne suis pas toubib, je suis blonde, mais …  je  cherche jusqu’à trouver la solution quand problème il y a, peut-être aurai-je du faire du journalisme d’investigation, j’ai ce petit côté pitbull. Bref, je pense sincèrement que les deux problèmes sont liés à la même cause. Mon médecin m’a littéralement forcée à prendre un hypolipidémiant dont je ne voulais pas, sachant que j’ai des taux de cholestérol relativement élevés (comme tout le monde dans la famille) et ce malgré un régime alimentaire strict. Si je n’en voulais pas, c’est que je sais parfaitement que chaque médicament a des conséquences négatives qui ne sont pas claires en amont et qui apparaissent parfois des dizaines d’années plus tard. Je suis donc partisane d’en prendre le strict minimum vital et dans mon cas c’est déjà une belle pharmacie, croyez moi. Cela fait 4 mois et demi que je prenais donc ce produit, j’ai commencé en hiver et la douleur au genou ne m’a pas étonnée vu le temps. Ce n’est que le fait que cela continue malgré la météo si douce qui m’a poussée à y réfléchir et à faire des recherches : bingo, le problème est connu. Je suis loin d’être la seule à avoir des problèmes articulaires suite à la prise. Grâce à ce médicament, j’ai du augmenter nettement ma dose de Marcoumar, ce qui explique aussi la chute de cheveux malgré la quantité de vitamines (pas remboursées) que je prends pour les aider à pousser, je ne pourrais dire qu’il est directement coupable de la chute, je n’ai pas pu trouver de personnes le rapportant. De plus, je n’ai jamais réussi depuis à stabiliser mes taux INR qui étaient parfaits avant, c’est le yoyo permanent et intégral.

J’ai donc pris mes responsabilités, j’ai arrêté l’hypolipidémiant le 24 avril et maintenant je vais voir ce que cela donne en toute objectivité. Normalement, si j’ai trouvé la bonne cause, la douleur articulaire devrait s’améliorer nettement et la chute excessive de cheveux s’arrêter en même temps que je pourrai diminuer le Marcoumar. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais d’ici à mon prochain contrôle médical j’en saurai plus. Je n’ai pas prévenu mon médecin, je ne veux pas qu’il s’inquiète et se fasse une couleur de plus par rapport à toutes celles que je lui ai fait voir ces dernières années, du blanc neigeux sur sa tête. Je suis parfaitement consciente du risque que je prends, je connais très bien les conséquences possibles du cholestérol, je ne peux pas tenir une conférence sur le sujet, mais je suis tout à fait capable de vous faire des beaux dessins en section avec toutes les explications. Seulement voilà, quitte à vivre, je préfère vivre moins longtemps avec une qualité de vie digne de ce nom. En parallèle de tout cela, je suis en passe de changer de style de vie aussi… J’ai quasiment fini la mise en place de mon habitation (j’ai construis il y a 2 ans et il restait pas mal de choses à faire) et du jardin, je vais bientôt pouvoir consacrer mon temps libre à autre chose que le bricolage et me remettre – je l’espère – au sport et en tout cas à l’écriture.  Il me faut garder la tête haute en essayant d’éviter de me prendre les pieds dans ce que cette vache de vie me balance dans les pattes, un exercice d’équilibriste permanent.

Ce soir le taux est de 3,5 - pas mal. Je vais diminuer encore un peu car je n'ai pas assez bu aujourd'hui (trop travaillé et oublié, je sais, je ne devrais pas) et 4 me semble mieux ciblé par expérience. Je me donne deux semaines pour voir si la chute capillaire stoppe et si la douleur articulaire diminue, affaire à suivre.

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